Rencontre avec Benoît Séverac

Ce jeudi 22 mars, deux classes de 2nde (2nde 2 et 2nde C) accompagnées de leurs professeurs Mmes Chareyron, Peyriller et Chabriac ont rencontré Benoît Séverac, soit à la médiathèque de Firminy soit au lycée. C’est un écrivain de romans noirs et romans policier essentiellement qui a obtenu plusieurs prix. Il a écrit 12 romans pour l’instant.

Il est venu de Toulouse où il habite pour rencontrer plusieurs classes de collèges et lycées impliquées dans le projet Délires d’Ados d’Ondaine.

Il a répondu aux questions des jeunes sur son métier d’auteur.

Pour « l’homme qui dessine » il a dit qu’il s’est amusé avec les prénoms des personnages pour faire des jeux de mots (par exemple Moudj et Tad un homme et une femme du livre forment le mot moudjetad, un plat typique toulousain assez proche du cassoulet). Il s’est beaucoup documenté sur la préhistoire, et a réécrit presque la moitié de son livre car au moment où il l’écrivait on a découvert que l’homo sapiens sapiens et l’homme de Néandertal ont pu se reproduire ensemble. Un scientifique l’a d’ailleurs contacté en lui disant que c’était la première fois qu’un écrivain introduisait la notion d’hybridation entre l’homme de Néandertal et homo sapiens sapiens dans un roman.

Ses livres abordent divers sujets comme le terrorisme (Trafics ; la vie de la petite sœur d’un terroriste dans le roman jeunesse Little sister), les SDF (115), la drogue (Silence).

Au moment des attentats de Mohamed Merah à Toulouse, il a été contacté par une journaliste qui lui a demandé s’il allait être inspiré par cet événement : il a répondu clairement non car écrire sur des sujets où des personnes souffrent ne l’intéresse pas.

Pour être un bon écrivain, il faut savoir mentir. Il cherche non pas à raconter sa vie, ce qui n’intéresserait personne mais à faire voyager ses lecteurs à travers ses histoires.

Il écrit depuis son plus jeune âge, 10 ans. Adolescent il a beaucoup lu : Flaubert, Balzac, Victor Hugo, Zola. Ces auteurs l’ont marqué pour leur réalisme et naturalisme. Sa carrière professionnelle a débuté à 35 ans.

Sa notoriété lui assure une carrière même s’il préfère rester dans une petite maison d’édition afin que celle-ci respecte son travail et sa personne.

Il vend pour ses meilleurs livres en jeunesse 9600 exemplaires (c’est le cas de L’homme qui dessine) et 3000 exemplaires pour ses meilleurs livres en adulte. Alors que les élèves pensaient qu’il était riche, il leur a expliqué qu’il gagne 7% du prix de vente d’un livre, qu’il met entre 1 an et 1 an et demi à écrire (soit 9 000 € sur 3 ans pour L’homme qui dessine qui a été un succès).

Il ne peut pas vivre de l’écriture et enseigne l’anglais dans une école de vétérinaire à Toulouse.

Il a indiqué comment se déroule une journée type pour lui : à son lever écriture sur ordinateur ; travail de 8h30 à 17h ; puis thé et récit de sa journée avec sa compagne, écrivain elle-aussi ; tâches administratives pendant une heure ou deux ; repas devant un documentaire TV en replay en lien avec son roman en cours ; de 22h à minuit écriture. Sa vie est très organisée et précise, avec 5 à 6h d’écriture par jour, même en vacances.

En ce moment il est sur l’écriture d’un roman, du scénario d’une BD et d’un texte qui sera adapté en pièce de théâtre.

Pour lui écrire est un besoin vital et non une passion : sans les livres, il mourrait : c’est sa vie. « Ecrire pour moi est comme respirer ou manger ». Il a toujours des carnets sur lui pour noter des idées et s’inspire de la vie réelle pour écrire. Tous les jours il lui vient une nouvelle idée de roman mais il dit que 9 idées sur 10 ne sont pas bonnes. Il sort peu, en-dehors de deux films au cinéma par semaine.

Pourtant ce métier lui offre de nombreuses opportunités comme animer un atelier lecture en prison, ce qui l’a marqué.

Il a montré le plaisir et le risque du métier. Pour lui il ne faut pas avoir peur d’écrire. C’est quelqu’un de drôle, qui fait des blagues. Sympathique, il a su mettre les élèves à l’aise et était très ouvert à la discussion.

Pour clore la rencontre à la médiathèque, à la demande d’un élève, il a raconté deux histoires avec une chute comique.

Les jeunes ont trouvé cette rencontre intéressante. Elle a expliqué la vie d’un écrivain, l’importance du travail pour y arriver, tout ce qui se cache derrière un livre. Certains ont été admiratifs de sa capacité de création ; d’autres ont beaucoup aimé le fait qu’il trouve important de rencontrer les élèves et de se déplacer. Il a fait partager son amour envers la littérature française et son goût pour écrire des livres.

Compte-rendu de la rencontre par les 2de 2

 

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