Soirée Théâtre : Ravachol, fragments d’une révolte

Le jeudi 24 mai à 20h30 le club Théâtre du lycée présentera au cinéma-théâtre « Le Majestic » sa réalisation de l’année.

Un temps que les moins de cent ans…

Ravachol – Fragments d’une révolte

(une pièce de Saïd Boubeker, auteur, metteur en scène)

 

Il y eut un temps où le progrès industriel naissant ne laissait pas encore de place pour le progrès social. La lutte des classes s’objectivait dans des affrontements directs entre ce qui n’était pas encore appelé le monde du patronat et ce qui n’était pas encore appelé les demandeurs d’emplois.

C’était le temps des bords coupants d’une société en train de quitter l’âge d’innocence. La conscience ouvrière en train de s’éveiller ne pouvait plus compter que sur sa propre résistance aux conditions pénibles du labeur industriel. Sans autres options.

La pièce de Saïd Boubeker nous parle justement d’une de ces autres options.

Quand l’exclusion sociale suffisait à créer à petite échelle tout ce qui agite notre monde globalisé d’aujourd’hui : le terrorisme… François Königstein, dit Ravachol, avait choisi cette option. Et elle fit grand bruit.

Or ce responsable des attentats qui secouèrent Paris entre le 11 et le 30 mars 1892, cet ennemi public, était né 33 ans plus tôt dans notre région et y mourut sous la lame de la guillotine.

Si la pièce nous montre un Ravachol qui emploie au mal toute l’énergie que lui donna son passage par le monde ouvrier, elle en évoque aussi toutes les formes plus douces. L’humilité et la solidarité, l’idéalisme et la ferveur. Et à travers ces personnages c’est un peu l’âme d’un petit pays qui parle…

Ce n’est plus le doux Forez de l’Astrée, ce n’est plus le rude plateau des marches de l’Auvergne d’où convergèrent vers les usines tous ces paysans sans terre qui firent la force de l’industrie stéphanoise, c’est ce pays de tous les mélanges qui s’est forgé peu à peu que l’on voit poindre dans les rêves de ce Ravachol…

La pièce emploie la forme du chœur classique pour rappeler comment l’utopie se forge dans les rêves des humains même si la vie est souvent tragique. L’idée d’un bonheur simple, d’une communauté partageante, d’un monde solidaire, ce n’est pas que l’affaire des grandes théories. C’est une idée qui naît parfois, au coin de la rue ou à la terrasse d’un petit bistrot ouvrier.

Quant à Ravachol, qu’on a oublié aujourd’hui, il nous rappelle que l’histoire n’est peut-être que de la mémoire réinventée.

Toute ressemblance avec des faits ayant continué d’exister ne sera pas fortuite !

JM ROCHETTE

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